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La Maison Culturelle d’Ath présente la dernière création théâtrale de la tournaisienne Céline Delbecq, « L’Enfant Sauvage », le samedi 6 février à 20h au Palace. Cette pièce a déjà reçu le prix d’écriture théâtrale 2015 de la Ville de Guérande et Thierry Hellin a été élu meilleur comédien 2015.
Inspirée par 12 années d’expérience en tant que bénévole dans une institution de jeunes placés par le juge, Céline Delbecq imagine le parcours d’une enfant abandonnée et retrouvée un matin sur la Place du Jeu de Balle à Bruxelles. La pièce est racontée par l'homme qui la trouve. Il va s’en approcher et sa vie en sera bouleversée. Il nous confie les chemins tortueux de l’administration judiciaire empruntés afin de devenir sa « famille d’accueil d’urgence » mais aussi, et surtout, le lien qui se tisse entre lui et l’enfant. Ce qu’il nous raconte, c’est la réalité qu’il découvre derrière les mots : accueil d’urgence, juge, famille, père, enfant, administration, adoption, home….
Dans ce monologue poignant, Céline Delbecq nous fait pénétrer une réalité qu’elle connaît bien. Comme toujours, elle ose aborder les sujets les plus durs avec une humanité vivifiante, ouvrant des espaces de parole précieux, plaçant la fonction théâtrale au cœur des nécessités sociétales. Et inversement.
Un engagement artistique et social
Il y a, en Belgique, 2000 enfants en attente de famille d’accueil à court et moyen terme. L’Enfant Sauvage est avant tout un monologue théâtral, mais il peut avoir une résonance concrète au-delà de la représentation : avec le pari (fou) sur la possibilité de trouver 200 familles d’accueil pour pallier aux difficultés d’insertion des enfants en institutions.
À la fin de la représentation, une rencontre est organisée avec une famille d’accueil et un responsable d’un centre d’accueil de la région dans le but de sensibiliser le public à un sujet de société essentiel. Une installation visuelle et sonore sera également installée dans le Palace avec des interviews d’enfants, de jeunes, de familles d’accueil et de professionnels.
L’objectif de la compagnie est clair : recruter des familles d’accueil. Il en manque cruellement en Belgique et cette information ne circule pas. En informant le spectateur, ils espérent le sensibiliser à la question.
Un spectacle de la Compagnie de la Bête Noire
Texte et mise en scène Céline Delbecq | Avec Thierry Hellin | Création sonore Pierre Kissling |
Une production solidaire et collective : La Compagnie de la Bête Noire, le Centre Culturel Régional de Dinant, la Maison de la Culture de Tournai, l’Atelier 210, le Théâtre 140, la Maison culturelle d’Ath, et les centres culturels de Beauraing, Engis, Gembloux, Ottignies, du Brabant Wallon, et Audience/Factory
Le Festival International du Film d’Amour de Mons fête ses 32 bougies. C’est avec plaisir que L’Écran crée des liens avec son voisin hennuyer pour permettre aux cinéphiles de (re)voir l’un des longs métrages primés en 2015 ! Rendez-vous le samedi 20 février à 20h pour la projection de « The Tribe », de Miroslav Slaboshpitsky, cinéaste émergent aussi surdoué que puissant.
Primé en 2014 à Cannes (Grand Prix de la Semaine de la Critique), ce drame en langage des signes est un choc. C’est l'histoire crue, sombre et bouleversante d'ados sourds-muets dans un pensionnat ukrainien.
Sergey, sourd et muet, entre dans un internat spécialisé et doit subir les rites de la bande qui fait régner son ordre, trafics et prostitution, dans l’école. Il parvient à en gravir les échelons mais tombe amoureux de la jeune Anna, membre de cette tribu, qui vend son corps pour survivre et quitter l’Ukraine. Sergey devra briser les lois de cette hiérarchie sans pitié.
Entièrement tourné en langue des signes. Sa troupe d'acteurs sourds-muets n'est pas la seule singularité de ce film exceptionnel, il y a surtout le mouvement, la violence, la cruauté. Pas de musique. Pas de dialogues parlés. Et pas de sous-titres pour expliquer les discussions entre les protagonistes. Mais le procédé ne nuit pas à la compréhension de l’intrigue. Le mouvement des corps et la puissance des images importent avant tout - même si le cinéaste utilise aussi habilement les sons- bruissement de jambes, claquement de portes -, des bruits exacerbés ou étouffés selon les situations.
C’est un film radical, d’une âpreté terrible et d’une grande beauté, porté par la mise en scène d’un cinéaste de 40 ans qui entre en lice avec une singularité absolue.
« Un film dont le mélange de sauvagerie et de sophistication laisse muet d'admiration. », Studio Ciné Live